Ouvrir un centre dentaire : le guide complet étape par étape

5 min de lecture - Publié le 15 juin 2026

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⚡ L'essentiel

  • Un centre dentaire est un centre de santé : les dentistes y sont obligatoirement salariés, pas libéraux.
  • Il peut être créé par une association, une SCIC ou un établissement privé de santé — pas nécessairement par un dentiste.
  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, le zonage ARS conditionne le conventionnement Assurance Maladie : en 2026, vérifiez la zone de votre commune sur CartoSanté avant de signer un bail.
  • Le budget d'ouverture oscille entre 235 000 € et 820 000 € selon la taille et le niveau d'équipement (contre ≈ 150 000 à 300 000 € pour un cabinet libéral de 1 à 2 fauteuils).
  • Le dossier ARS (projet de santé + règlement de fonctionnement) prend 2 à 6 mois à instruire selon les régions.

🦷 Vous voulez ouvrir un cabinet dentaire libéral, pas un centre de santé ? Les démarches, le budget et l'installation en libéral sont détaillés dans notre guide d'installation du chirurgien-dentiste. Ce guide-ci couvre le centre dentaire (praticiens salariés, dossier ARS, FINESS), avec un comparatif des budgets cabinet vs centre.


Centre dentaire vs cabinet dentaire

Un centre dentaire emploie des chirurgiens-dentistes salariés sous la gouvernance d'une personne morale et facture l'Assurance Maladie via un numéro FINESS ; un cabinet dentaire est une structure libérale où le praticien exerce à son compte. Le statut, le conventionnement, le budget (235–820 k€ contre ≈ 150–300 k€) et les délais (12 à 18 mois contre 6 à 12) diffèrent.

Les différences clés

Ce n'est pas qu'une question de taille. Ce sont deux modèles juridiques distincts.

Un cabinet dentaire est une structure libérale : le praticien exerce à son compte, supporte ses charges, fixe (partiellement) ses honoraires. Un centre dentaire est un centre de santé au sens du Code de la santé publique : c'est une personne morale qui emploie les praticiens, facture les actes et reverse des salaires.

CritèreCabinet dentaireCentre dentaire
Statut du dentisteLibéral (indépendant)Salarié
Propriétaire de la structureLe praticien lui-mêmePersonne morale (asso, SCIC…)
Conventionnement AMIndividuelCollectif via FINESS
Dépassements d'honorairesPossibles (secteur 2)Très encadrés
PluridisciplinaritéLimitéeFacilitée

Qui peut ouvrir un centre dentaire ?

Contrairement au cabinet libéral, un non-dentiste peut tout à fait être porteur du projet. Les textes autorisent les structures suivantes à gérer un centre de santé dentaire :

  • Collectivité territoriale (commune, département)
  • Établissement public de santé (hôpital, EHPAD)
  • Organisme à but non lucratif (association loi 1901)
  • SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif)
  • Établissement privé de santé à but lucratif ou non

Les dentistes recrutés y exercent en tant que salariés. C'est une différence fondamentale avec le cabinet : le praticien n'est pas propriétaire de son outil de travail.

Quel budget pour ouvrir un cabinet dentaire, comparé à un centre ?

La question revient dans toutes les études de projet, alors voici les deux ordres de grandeur côte à côte (prix marché indicatifs, hors achat des murs) :

PosteCabinet libéral (1–2 fauteuils)Centre dentaire (2–4 fauteuils)
Travaux et aménagement30 000 – 100 000 €80 000 – 250 000 €
Équipement (fauteuils, imagerie, stérilisation, scanner)80 000 – 150 000 €100 000 – 400 000 €
Logiciels3 000 – 10 000 €5 000 – 20 000 €
Fonds de roulement30 000 – 60 000 € (3 à 6 mois)50 000 – 150 000 € (6 mois, salaires inclus)
Total indicatif≈ 150 000 – 300 000 €235 000 – 820 000 €
Délai jusqu'au premier patient6 à 12 mois12 à 18 mois

Le cabinet libéral se finance avec un prêt professionnel adossé au praticien ; le centre mobilise fonds propres, prêt bancaire et subventions (voir le financement). Dans les deux cas, le scanner intra-oral et le partenariat laboratoire sont les postes où un centre peut réduire l'investissement de départ : Jasper propose un scanner intra-oral à coût réduit, pris en charge avec un engagement de commandes de prothèses (devis laboratoire).


Trois verrous s'appliquent à tout nouveau centre dentaire depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : le récépissé d'ouverture de l'ARS (projet de santé + règlement de fonctionnement), l'agrément spécifique à l'activité dentaire (provisoire, puis définitif sous un an) et le zonage, qui conditionne le conventionnement Assurance Maladie. Le numéro FINESS n'est attribué qu'après validation du dossier.

L'autorisation ARS

Ouvrir un centre dentaire sans passer par l'ARS, c'est impossible. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, trois verrous s'appliquent :

1. L'ouverture du centre : le gestionnaire dépose un dossier auprès de l'ARS (projet de santé + règlement de fonctionnement + engagement de conformité). L'ARS délivre un récépissé qui vaut autorisation d'exercer.

2. L'agrément pour l'activité dentaire : spécifique aux centres avec activité dentaire, ophtalmologique ou orthoptique. L'ARS délivre un agrément provisoire, puis un agrément définitif dans l'année qui suit.

3. Le zonage pour le conventionnement : depuis janvier 2025, les nouveaux centres ne peuvent plus être conventionnés par l'Assurance Maladie dans les zones non prioritaires (zones à offre suffisante). Les grandes agglomérations sont souvent concernées. À vérifier impérativement via l'outil CartoSanté de l'ARS avant de choisir un emplacement.

Zonage dentiste 2026 : les zones et ce qu'elles changent

Le zonage des chirurgiens-dentistes, arrêté par chaque ARS selon la méthodologie nationale, classe les territoires en cinq catégories selon l'offre de soins. Il se consulte commune par commune sur CartoSanté et dans l'arrêté de zonage de votre région (les arrêtés sont révisés, vérifiez la version en vigueur en 2026) :

ZoneOffre de soinsNouveau centre dentaireInstallation en libéral
Très sous-dotéeTrès insuffisanteConventionnement ouvert, aides à l'installation maximalesAides à l'installation et au maintien
Sous-dotéeInsuffisanteConventionnement ouvert, aidesAides à l'installation
IntermédiaireÉquilibréeConventionnement ouvertInstallation libre
Très dotéeÉlevéeConventionnement ouvert, sans aideInstallation libre
Non prioritaireExcédentairePas de conventionnement des nouveaux centresRégulée : conventionnement conditionné au départ d'un confrère

Concrètement, les quatre premières catégories sont les zones où l'ouverture conventionnée est autorisée ; la zone non prioritaire, fréquente dans les cœurs de grandes agglomérations, ferme la porte au conventionnement d'un nouveau centre. Un centre non conventionné ne peut pas pratiquer le tiers payant Assurance Maladie : c'est rédhibitoire pour un modèle de centre de santé.

Le numéro FINESS

Le numéro FINESS (9 chiffres) est l'identifiant administratif du centre. Il est obligatoire pour facturer l'Assurance Maladie. Il est attribué après validation du dossier ARS et distingue l'entité juridique (FINESS juridique) de l'établissement physique (FINESS géographique). Sans lui, pas de remboursements, pas de tiers payant.

Les statuts juridiques possibles

StatutOuvert aux non-dentistes ?Capital requisGouvernanceCas d'usage typique
Association loi 1901OuiAucunConseil d'administrationProjet à but non lucratif, ancrage territorial fort
SCICOuiVariableMulti-sociétaires (salariés, usagers, collectivités)Projet coopératif, implication des praticiens au capital
Établissement privé de santéOuiVariable selon forme (SAS, SA…)Dirigeants + actionnairesInvestisseur privé, groupe de centres, logique de rentabilité

L'étude de marché territoriale

Cinq indicateurs décident de la viabilité d'un centre : la densité de chirurgiens-dentistes, la démographie locale, l'offre existante et les délais de rendez-vous, le taux de renoncement aux soins et la zone ARS de la commune. Un centre de 3 fauteuils vise 600 000 à 1,2 M€ de chiffre d'affaires annuel et atteint son seuil de rentabilité entre 18 et 30 mois.

Analyser les besoins locaux

Avant de signer un bail, il faut valider le territoire. Selon les données disponibles, seulement un assuré sur deux consulte un dentiste au moins une fois par an en France, et 83 % de la population rencontre des obstacles d'accès aux soins pour au moins une spécialité. Les déserts médicaux dentaires sont réels et documentés.

Les indicateurs à analyser :

  • Densité de chirurgiens-dentistes dans la zone (données CartoSanté, DREES)
  • Démographie locale : part des seniors, des familles, des populations précaires
  • Offre existante : cabinets libéraux, délais de rendez-vous moyens (28 jours en moyenne nationale, mais bien plus dans certains territoires)
  • Taux de renoncement aux soins : indicateur clé pour justifier un projet en zone sous-dotée
  • Zonage ARS : zone prioritaire, zone d'action complémentaire ou zone non prioritaire

Un projet en zone prioritaire bénéficie d'aides à l'installation pouvant atteindre 50 000 € et d'un accès facilité au conventionnement.

Valider la viabilité financière

L'étude de marché doit déboucher sur un business plan solide : prévisionnel sur 3 ans, calcul du seuil de rentabilité, hypothèses de montée en charge (nombre de fauteuils actifs, taux d'occupation, panier moyen par patient).

Un centre de 3 fauteuils avec des praticiens à temps plein peut viser un chiffre d'affaires de 600 000 à 1,2 M€/an selon le mix d'actes et la zone géographique. Le seuil de rentabilité se situe généralement entre 18 et 30 mois après ouverture.


Le financement

Un centre dentaire de 2 à 4 fauteuils coûte 235 000 à 820 000 € à ouvrir, financés en combinant fonds propres, prêt bancaire santé, subventions ARS et collectivités (jusqu'à 50 000 € en zone prioritaire) et, pour les structures non lucratives, prêts de la Banque des Territoires. L'équipement lourd se finance à part, en leasing ou crédit-bail : voir financer l'équipement d'un centre de santé.

Les sources de financement

La création d'un centre dentaire mobilise plusieurs leviers, souvent combinés :

  • Fonds propres du porteur de projet ou des associés
  • Prêt bancaire (les banques spécialisées en santé comme BNP Paribas Santé, Caisse d'Épargne ou Crédit Mutuel ont des offres dédiées)
  • Subventions ARS et collectivités : aides à l'installation en zone sous-dotée, fonds FEDER, dotations régionales
  • Investisseurs privés : fonds de santé, family offices, groupes de centres dentaires

Pour les associations et SCIC, les prêts à taux zéro de la Banque des Territoires et les appels à projets régionaux sont des pistes à explorer systématiquement.

Budget type d'ouverture

Voici les fourchettes réalistes pour un centre de 2 à 4 fauteuils :

PosteFourchette basseFourchette haute
Locaux (aménagement, travaux)80 000 €250 000 €
Équipement dentaire (fauteuils, imagerie, stérilisation)100 000 €400 000 €
Logiciels de gestion5 000 €20 000 €
Fonds de roulement (6 mois)50 000 €150 000 €
TOTAL235 000 €820 000 €

La fourchette haute correspond à un centre neuf avec imagerie cone beam, scanner intra-oral et 4 fauteuils haut de gamme. La fourchette basse, à une reprise de locaux déjà aménagés avec équipement d'occasion reconditionné (voir scanner intra-oral d'occasion : prix et risques).

Sur la partie numérique, deux leviers réduisent le capital de départ : le leasing du scanner intra-oral (≈ 230 à 615 € HT/mois selon le modèle sur 48 mois) et le modèle Jasper, où le scanner est pris en charge à coût réduit avec un engagement de commandes de prothèses auprès de notre laboratoire. Pour un centre qui produit plusieurs dizaines de prothèses par mois, c'est souvent la solution la plus simple à financer.

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L'équipement

Comptez 100 000 à 400 000 € HT d'équipement pour 2 à 4 fauteuils : units dentaires (25 000 à 60 000 € HT pièce), panoramique, cone beam, stérilisation et scanner intra-oral (≈ 4 000 à 32 000 € HT selon la marque). Le scanner est le poste qui pèse le plus sur le recrutement des praticiens et sur les flux avec le laboratoire.

Le plateau technique

L'équipement est le poste le plus visible — et le plus structurant pour attirer des praticiens. Un centre dentaire bien équipé recrute plus facilement.

Les incontournables (prix marché indicatifs HT) :

  • Fauteuils et units dentaires : compter 25 000 à 60 000 € par fauteuil selon la gamme (Planmeca, KaVo, Sirona)
  • Imagerie panoramique : obligatoire, entre 15 000 et 35 000 €
  • Cone beam (CBCT) : fortement recommandé pour l'implantologie et l'endodontie, 40 000 à 120 000 €
  • Stérilisation : autoclave classe B, bac à ultrasons, thermoscelleuse — prévoir 10 000 à 20 000 €
  • Scanner intra-oral : ≈ 4 000 à 32 000 € HT selon la marque et la génération (Medit i700 8 500 € HT, Aoralscan 3 dès 9 992 € HT, TRIOS 3 16 900 € HT, iTero Lumina ≈ 14 000 à 27 000 € HT), levier majeur de productivité et d'attractivité pour recruter des chirurgiens-dentistes

Le scanner intra-oral mérite une attention particulière : il réduit les empreintes physiques, accélère les flux avec le laboratoire et est devenu un argument de recrutement fort auprès des jeunes praticiens. Toutes les marques sont sur le hub des scanners intra-oraux (gammes 3Shape TRIOS, Medit, iTero) ; pour trancher entre deux modèles, lisez notre comparatif Aoralscan vs Medit i700 et notre guide Primescan 2 vs TRIOS 5. Pour un centre multi-fauteuils, prévoyez un scanner par binôme de fauteuils plutôt qu'un seul appareil partagé : c'est la condition pour que le flux numérique tienne au quotidien.

Les logiciels indispensables

Un centre multi-praticiens ne peut pas fonctionner avec un tableur Excel. Les briques logicielles à prévoir :

  • Logiciel métier / DPI (Dossier Patient Informatisé) : Veasy, Logos, Doctolib Pro — gestion des dossiers, imagerie, prescriptions
  • Logiciel de facturation et tiers payant : intégré au DPI ou module dédié, indispensable pour la télétransmission CPAM et les mutuelles
  • Logiciel de commande et de suivi des prothèses : échange des fichiers STL, bons de travail dématérialisés, devis et délais en temps réel, comme le logiciel Jasper relié à notre laboratoire, qui centralise les commandes de tous les fauteuils du centre
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Les ressources humaines

Les chirurgiens-dentistes d'un centre de santé sont obligatoirement salariés (convention collective des centres de santé, IDCC 2264) et inscrits au tableau de l'Ordre. Recruter 2 ou 3 praticiens prend 3 à 6 mois ; l'équipe complète associe secrétaires médicales, assistantes dentaires et un coordinateur de soins au-delà de 3 fauteuils.

Recruter les praticiens

C'est souvent le point de blocage numéro un. Les dentistes en centre de santé sont obligatoirement salariés — c'est une exigence légale, pas un choix. Leur contrat relève du droit du travail, et la convention collective applicable est celle des centres de santé (IDCC 2264 pour les centres de santé autonomes).

Les enjeux concrets :

  • Recrutement : les jeunes dentistes sont de plus en plus attirés par le salariat (pas de charges, pas de gestion administrative), mais ils sont aussi très sollicités. Un bon équipement, un projet de santé clair et une rémunération compétitive font la différence.
  • Fidélisation : turnover élevé = perte de patientèle. Prévoir des clauses d'intéressement, une progression salariale et un vrai projet collectif.
  • Inscription à l'Ordre : chaque praticien salarié doit être inscrit au tableau de l'Ordre des chirurgiens-dentistes, quel que soit son mode d'exercice.

Gérer les plannings et les absences

Dans un centre multi-praticiens, la gestion des plannings est le nerf de la guerre. Un fauteuil vide, c'est du chiffre d'affaires perdu. Une absence non anticipée, c'est une journée de patients à replanifier en urgence.

Pour les centres multi-praticiens, un logiciel de planning pour centre dentaire comme Sivan permet de gérer les rotations de fauteuils, les absences et les variables de paie depuis une interface unique.

Au-delà des praticiens, l'équipe d'un centre comprend :

  • Secrétaires médicales : accueil, prise de rendez-vous, facturation
  • Assistantes dentaires : au fauteuil, en stérilisation, en coordination
  • Coordinateur de soins (ou responsable de centre) : interface entre les praticiens, la direction et les patients — rôle clé dans les structures de plus de 3 fauteuils

Le dossier ARS étape par étape

Le dossier ARS comprend cinq pièces : projet de santé, règlement de fonctionnement, engagement de conformité, liste des praticiens (RPPS) et plan des locaux. Délai réglementaire d'instruction : 2 mois à dossier complet, 4 à 6 mois en pratique ; 12 à 18 mois au total entre la décision et le premier patient.

Les pièces à fournir

Le dossier à déposer auprès de l'ARS comprend :

  • Le projet de santé : description de l'offre, des populations cibles, des objectifs de santé publique, des partenariats envisagés
  • Le règlement de fonctionnement : annexé au projet de santé, il précise les règles d'organisation interne
  • L'engagement de conformité : attestation que le centre respecte les obligations légales
  • La liste des praticiens : noms, diplômes, numéros RPPS/ADELI — à fournir dès le dépôt si possible, ou avant l'ouverture
  • Le plan des locaux : surface, agencement, nombre de fauteuils, circuit patients

Pour les centres avec activité dentaire, l'ARS instruit également la demande d'agrément spécifique (agrément provisoire puis définitif dans l'année).

Les délais à anticiper

Le délai réglementaire d'instruction est de 2 mois à compter de la réception d'un dossier complet. En pratique, les délais réels oscillent entre 4 et 6 mois selon les ARS et leur charge de travail.

Un calendrier réaliste ressemble à ceci :

  • M-12 à M-9 : étude de marché, choix du statut juridique, recherche de locaux
  • M-9 à M-6 : rédaction du projet de santé, constitution du dossier ARS
  • M-6 à M-3 : dépôt du dossier, instruction ARS, recrutement des praticiens
  • M-3 à M-0 : travaux, équipement, formation des équipes, obtention du FINESS
  • M-0 : ouverture

Ne pas sous-estimer le temps de recrutement : trouver 2 ou 3 chirurgiens-dentistes disponibles et motivés peut prendre 3 à 6 mois supplémentaires.

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Les erreurs à éviter

Les projets qui échouent ont souvent les mêmes points aveugles :

⚠️ Les 8 erreurs qui font échouer un centre dentaire

  • Sous-estimer le fonds de roulement : les premiers mois, les recettes sont faibles et les charges fixes sont là. Prévoir au minimum 6 mois de trésorerie.
  • Ouvrir sans numéro FINESS : sans FINESS, pas de remboursements Assurance Maladie, pas de tiers payant. C'est un blocage total.
  • Ignorer les règles de zonage en vigueur : s'implanter en zone non prioritaire sans vérification préalable, c'est risquer un refus de conventionnement après avoir investi.
  • Négliger le recrutement avant l'ouverture : des fauteuils sans praticiens le jour J, c'est une catastrophe financière et d'image.
  • Rédiger un projet de santé trop vague : l'ARS attend un document précis, ancré dans le territoire, avec des objectifs mesurables. Un copier-coller générique sera renvoyé.
  • Oublier la convention collective : mal calibrer les salaires ou ignorer les obligations de la CCN des centres de santé expose à des redressements URSSAF et des conflits prud'homaux.
  • Confondre centre dentaire et centre de blanchiment dentaire : un centre proposant du blanchiment dentaire avec des produits à plus de 0,1 % de peroxyde d'hydrogène relève obligatoirement de l'exercice dentaire. Sans dentiste salarié et sans agrément, c'est de l'exercice illégal.
  • Choisir le laboratoire de prothèse après l'ouverture : un centre de 3 fauteuils envoie vite 50 à 150 prothèses par mois. Sans laboratoire partenaire aux délais tenus (7 jours en moyenne chez Jasper) et sans logiciel de suivi, les poses se décalent et les fauteuils tournent à vide.

Notre avis Jasper

Ouvrir un centre dentaire reste un projet ambitieux mais réalisable — à condition de respecter trois principes souvent négligés.

1. Le zonage avant tout. Avant même de chercher des locaux ou de constituer une équipe, ouvrez CartoSanté et vérifiez que votre commune est en zone prioritaire ou en zone d'action complémentaire. Investir 500 000 € pour découvrir qu'on ne peut pas conventionner son centre, c'est une erreur que nous voyons malheureusement encore en 2026.

2. Le fonds de roulement n'est pas négociable. Selon nous, c'est l'erreur la plus sous-estimée : la plupart des porteurs de projet calculent juste, mais oublient que les remboursements CPAM arrivent avec 30 à 45 jours de décalage. Sans 6 mois de trésorerie d'avance à l'ouverture, vous serez en cessation de paiement avant le premier anniversaire. Pas de discussion possible.

3. Le scanner intra-oral est devenu un standard de recrutement. En 2026, un centre dentaire qui propose encore des empreintes physiques aura beaucoup plus de mal à recruter de jeunes praticiens. C'est un investissement de 10 à 30 k€ HT selon la marque, qui se rentabilise en moins de 18 mois — et qui fait gagner des candidats au moment du recrutement. Pour un centre qui s'engage sur un volume de prothèses, Jasper le prend en charge à coût réduit.

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FAQ

1. Peut-on ouvrir un centre dentaire sans être dentiste ?

Oui. Un centre dentaire est une structure gérée par une personne morale (association, SCIC, établissement privé de santé), pas nécessairement par un praticien. Le porteur de projet peut être un investisseur, une collectivité ou un gestionnaire de santé. Les dentistes sont recrutés en tant que salariés.

2. Quel budget prévoir pour ouvrir un centre dentaire ?

Le budget total varie entre 235 000 € et 820 000 € selon la taille du centre, le niveau d'équipement et l'état des locaux. Les postes principaux sont les travaux d'aménagement (80 000–250 000 €), l'équipement dentaire (100 000–400 000 €) et le fonds de roulement des 6 premiers mois (50 000–150 000 €).

3. Quel budget pour ouvrir un cabinet dentaire libéral, par rapport à un centre ?

Comptez un ordre de grandeur de 150 000 à 300 000 € HT pour un cabinet libéral de 1 à 2 fauteuils (équipement 80 000–150 000 €, travaux 30 000–100 000 €, fonds de roulement), contre 235 000 à 820 000 € pour un centre de santé dentaire de 2 à 4 fauteuils. La différence tient au nombre de fauteuils, à l'imagerie et au fonds de roulement salarial.

4. Quelle est la différence entre un centre dentaire et un cabinet dentaire ?

Le cabinet dentaire est une structure libérale : le praticien exerce à son compte. Le centre dentaire est un centre de santé : les dentistes y sont salariés d'une personne morale. Le conventionnement, la facturation et la gouvernance sont entièrement différents.

5. Combien de temps faut-il pour ouvrir un centre dentaire ?

Comptez 12 à 18 mois de préparation entre la décision de lancer le projet et le premier patient. L'instruction du dossier ARS prend 2 à 6 mois. Le recrutement des praticiens, les travaux et l'obtention du numéro FINESS s'ajoutent à ce délai.

6. Faut-il une autorisation ARS pour ouvrir un centre dentaire ?

Oui, c'est obligatoire. Depuis 2025, les centres avec activité dentaire doivent obtenir un agrément spécifique de l'ARS, en plus du récépissé d'ouverture classique. Le conventionnement Assurance Maladie est lui aussi conditionné au zonage ARS depuis le 1er janvier 2025.

7. Qu'est-ce que le zonage dentiste 2026 et comment le vérifier ?

Le zonage classe chaque territoire selon l'offre de soins dentaires : zones très sous-dotées, sous-dotées, intermédiaires, très dotées et non prioritaires. Il conditionne le conventionnement d'un nouveau centre et l'installation en libéral (régulée en zone non prioritaire). Il se vérifie commune par commune sur CartoSanté, avec l'arrêté de zonage de votre ARS.

8. Quels logiciels sont indispensables pour gérer un centre dentaire ?

Trois briques sont incontournables : un logiciel métier / DPI (dossier patient, imagerie, prescriptions), un logiciel de facturation et tiers payant (télétransmission CPAM et mutuelles), et un logiciel de planning pour gérer les rotations de fauteuils, les absences et les variables de paie dans un contexte multi-praticiens. S'y ajoute un logiciel de commande et de suivi des prothèses relié au laboratoire.

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Sources utiles et pages liées

Sur jasperdental.fr

Sources officielles

Zacharie Amsellem

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