Guide d’installation pour les dentistes : 10 étapes simples (2026)

5 min de lecture - Publié le 4 février 2026

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Cabinet dentaire

S’installer en cabinet, c’est un projet professionnel et personnel. L’objectif de ce guide : vous donner une feuille de route claire pour décider , comment et avec qui vous installer, sans vous noyer dans l’administratif.

Étape 1 - Définir votre projet d’exercice

Avant de chercher un local ou un financement, clarifiez ce que vous voulez vraiment. Cela vous évite de “subir” un modèle de cabinet qui ne vous correspond pas (rythme, organisation, type de soins, patientèle).

Seul vs groupe, libéral vs salarié, objectifs de rythme et patientèle

Posez-vous ces questions (réponses courtes, factuelles) :

  • Votre rythme idéal : 4 jours/semaine ? soirées ? samedi ? combien de semaines de congés ?
  • Votre style de pratique : soins généralistes, orientation (implanto, ortho, esthétique…), urgence, prévention, pédiatrie…
  • Votre confort d’organisation : vous préférez décider de tout (solo) ou partager (groupe) ?
  • Votre relation au risque : vous êtes à l’aise avec l’investissement et la gestion (libéral) ou vous préférez la stabilité (salarié) ?
  • Votre patientèle cible : familles, actifs, rural, urbain, CSP+, ou mix ?

👉 À la fin, résumez votre cadre en 3 lignes :

mode d’exercice, type de cabinet, zone souhaitée, rythme.

Étape 2 - Choisir le mode d’installation

Vous n’êtes pas obligé de passer directement de “fin d’études” à “cabinet à votre nom”. Beaucoup de dentistes passent par une phase intermédiaire pour tester une zone, une organisation et gagner en confiance.

Remplacement / collaboration / association : quand et pourquoi

  • Remplacement : idéal pour tester une ville, un cabinet, et monter en compétences sans engagement long.
  • À privilégier si vous souhaitez explorer avant de trancher.
  • Collaboration : vous exercez dans un cabinet déjà en place, souvent avec un cadre plus stable qu’un remplacement.
  • À privilégier si vous voulez vous poser, développer une patientèle et observer la gestion “de l’intérieur”.
  • Association : vous construisez à plusieurs (ou vous rejoignez une structure).
  • À privilégier si vous voulez mutualiser (charges, secrétariat, matériel), et si vous êtes à l’aise avec des décisions partagées.

Astuce pratique : choisissez un mode qui vous rapproche de votre objectif final.

Ex : si vous visez un cabinet de groupe, une collaboration dans un cabinet de groupe vous donnera les bons réflexes.

Étape 3 - Choisir la zone et l’emplacement

Le lieu fait une grande partie du succès : accessibilité, demande locale, concurrence, visibilité… et qualité de vie.

Contraintes de zones + cartographie + critères de local

Ce que vous devez vérifier avant de tomber amoureux d’un local :

  • Réalité terrain : densité de cabinets autour, projets médicaux, flux (écoles, commerces, transports).
  • Patientèle potentielle : habitants, actifs, nouveaux quartiers, délais d’attente constatés.
  • Accessibilité : parking, transports, accessibilité PMR, accès poussettes (vous le ressentez dès la visite).
  • Visibilité : rez-de-chaussée vs étage, vitrine, signalétique possible, passage piéton.
  • Local “pratique” : surface exploitable, agencement (accueil → soins → stérilisation), travaux réalistes.

Objectif : choisir un emplacement qui vous simplifie la vie au quotidien, pas uniquement “sur le papier”.

Étape 4 - Créer ou reprendre un cabinet

C’est un arbitrage classique : liberté vs démarrage plus rapide. Il n’y a pas de “meilleur choix”, seulement le bon choix selon votre timing, votre budget et votre tolérance au risque.

Comparatif rapide + points de vigilance

Créer (cabinet neuf)

  • ✅ Vous choisissez tout : concept, matériel, organisation, image.
  • ✅ Vous construisez votre rythme et votre équipe.
  • ⚠️ Plus long : travaux + ouverture + montée en charge.
  • ⚠️ Budget souvent plus lourd au départ.

Reprendre (cabinet existant)

  • ✅ Patientèle + activité déjà en place : démarrage souvent plus simple.
  • ✅ Process et équipe déjà présents (parfois).
  • ⚠️ Vigilance : état du matériel, réputation locale, clauses du rachat, dépendance au praticien sortant.
  • ⚠️ Transition : il faut rassurer les patients et stabiliser l’équipe.

Mini-check :

Si vous voulez aller vite et sécuriser un revenu → reprise.

Si vous voulez tout maîtriser et construire votre modèle → création.

Étape 5 - Choisir le statut juridique

Le “bon” statut, c’est celui qui protège votre projet et reste simple à gérer. Ne choisissez pas un statut “par défaut” : choisissez-le selon votre mode d’exercice (solo/groupe), votre niveau d’investissement et votre projection.

Nom propre vs SEL vs SCM/SCP (selon objectif)

  • Nom propre (exercice individuel)
  • Simple à lancer, clair au quotidien.
  • Souvent pertinent pour une première installation en solo et/ou si vous voulez avancer vite.
  • SEL (société d’exercice libéral)
  • Plus structuré, souvent choisi pour organiser et sécuriser un projet plus ambitieux (investissement, évolution, association…).
  • Utile si vous voulez plus de cadre dès le départ.
  • SCM (partage de moyens)
  • Pratique si vous êtes plusieurs à partager des frais (locaux, personnel, équipements) sans “fusionner” votre activité.
  • Souvent une bonne option en cabinet de groupe.
  • SCP (exercice en commun)
  • Plus engageant : vous exercez ensemble et partagez davantage.
  • À envisager si vous êtes alignés sur la vision, la répartition du travail et les décisions.

À ce stade, l’objectif n’est pas de tout trancher seul : notez 2 options plausibles et faites valider le choix par un expert (comptable/juriste) avec votre contexte précis.

Étape 6 - Construire le budget et le financement

L’objectif : éviter les mauvaises surprises et sécuriser votre démarrage. Vous cherchez un budget simple, réaliste, avec un plan de financement qui tient même si l’agenda se remplit plus lentement que prévu.

Business plan + aides + prêt/leasing

  • Listez vos postes principaux : local (loyer/achat), travaux, fauteuils/plateaux techniques, imagerie si prévu, informatique/logiciels, mobilier, stérilisation, communication, trésorerie de départ.
  • Prévoyez une marge : gardez une enveloppe “imprévus” (travaux, délais, surcoûts).
  • Business plan (version utile) : 1 page suffit au départ : votre projet, vos charges fixes, un scénario prudent, un scénario “objectif”.
  • Aides : renseignez-vous selon votre zone (incitations, accompagnements). Même si vous n’y êtes pas éligible, cela peut influencer le choix d’emplacement.
  • Prêt vs leasing :
    • Prêt : pratique pour financer l’ensemble (travaux + équipement), avec une vision long terme.
    • Leasing : utile pour lisser le coût de certains équipements et préserver votre trésorerie.
  • Trésorerie : visez de quoi tenir 3 à 6 mois sereinement le temps que l’activité se stabilise.

Étape 7 - Faire les démarches administratives

Vous voulez une logique simple : être en règle sans y passer des semaines. Le bon réflexe : avancer étape par étape et conserver une check-list des pièces/justificatifs.

Ordre national des chirurgiens-dentistes, CPAM, URSSAF, CARCDSF + assurance RCP

  • Ordre : inscription/transfert + information sur votre projet (selon votre situation).
  • CPAM : démarches liées à votre exercice et à votre organisation de facturation (selon votre mode d’exercice).
  • URSSAF : immatriculation + régime social, pour éviter les surprises de charges.
  • CARCDSF : affiliation retraite (selon cas), à anticiper tôt.
  • Assurance RCP : indispensable avant l’ouverture (ne la repoussez pas “à la fin”).

Astuce : centralisez tout dans un dossier (PDF + cloud) : pièces d’identité, diplômes, justificatifs, statuts si société, bail/acte, attestations.

Étape 8 - Aménager un cabinet conforme

Ici, vous jouez sur deux tableaux : la conformité (éviter les blocages) et la fluidité (gagner du temps au quotidien).

Normes, parcours patient, équipement essentiel, stérilisation

  • Normes & contraintes du local : accessibilité, sécurité, contraintes techniques (évacuations, électricité, ventilation).
  • Parcours patient : accueil simple, salle d’attente pratique, circulation fluide (patient / équipe).
  • Équipement essentiel : commencez par ce qui vous permet de travailler bien et vite ; le reste peut venir ensuite.
  • Stérilisation : pensez “organisation” autant que matériel : circuit sale/propre, stockage, étapes claires pour l’équipe.

Objectif : un cabinet où vous délivrez des soins de qualité sans “perdre du temps en friction”.

Étape 9 - Mettre en place les outils de gestion

Vous voulez des outils qui vous simplifient la vie dès le jour 1 : planning, dossier patient, facturation, rappels, et sécurité des données.

Logiciel métier + prise de RDV + sauvegardes/cybersécurité

  • Logiciel métier : choisissez le meilleur logiciel de gestion de cabinet dentaire pour votre usage réel (agenda, dossiers, devis/factures, ergonomie), pas uniquement pour la fiche technique.
  • Prise de RDV : utile si cela correspond à votre organisation (créneaux, urgences, règles de prise).
  • Sauvegardes : règle simple : sauvegarde automatique + test de restauration (sinon, cela ne compte pas).
  • Cybersécurité : mots de passe solides, comptes séparés, mises à jour, accès maîtrisés (surtout si plusieurs postes).

Étape 10 - Lancer l’ouverture et remplir l’agenda

C’est le passage “théorie → réalité”. Vous voulez une ouverture propre, une équipe prête, et un minimum de visibilité locale pour que les patients vous trouvent facilement.

Pré-ouverture + visibilité locale (fiche Google Business Profile) + organisation d’équipe

  • Pré-ouverture : testez une journée “à blanc” (accueil, téléphone, parcours patient, stérilisation, urgences).
  • Organisation d’équipe : qui fait quoi ? (appels, confirmations, encaissement, préparation salle, protocole hygiène).
  • Visibilité locale :
    • créez/optimisez votre fiche Google Business Profile : horaires exacts, téléphone, services, photos réelles et propres ;
    • prévoyez une page “accès / prise de RDV” claire sur votre site (si vous en avez un).
  • Démarrage progressif : ouvrez des créneaux réalistes au début, puis élargissez en fonction de la demande.

FAQ — Installation d’un cabinet dentaire

Un dentiste peut-il s’installer où il veut ?

En pratique, vous pouvez envisager de nombreuses zones, mais vous devez vérifier les contraintes locales (règles, contexte de zone, dynamique de patientèle). Le bon réflexe : croiser données (cartographie) et visite terrain.

Créer ou reprendre : que choisir quand on débute ?

  • Reprendre si vous souhaitez démarrer plus vite avec une patientèle existante.
  • Créer si vous voulez construire votre cabinet sur mesure (avec un démarrage plus progressif).
  • Choisissez selon votre budget, votre timing et votre confort avec la gestion.

Quel statut juridique choisir (SEL, SCM/SCP, nom propre) ?

  • Nom propre : simple, souvent adapté pour démarrer en solo.
  • SEL : utile si vous souhaitez une structure plus cadrée et évolutive.
  • SCM : idéal pour partager des moyens en cabinet de groupe.
  • SCP : plus engageant, exercice réellement en commun.
  • Le bon choix dépend de votre mode d’exercice, de l’investissement et de votre projection à 3–5 ans.

Quelles démarches sont indispensables avant l’ouverture ?

Le socle : démarches côté Ordre, CPAM, URSSAF, CARCDSF (selon votre situation) + assurance RCP. Ensuite viennent les sujets liés à l’exploitation (local, conformité, outils).

Quel budget prévoir (ordre de grandeur) et comment financer ?

Cela dépend surtout de création vs reprise, du local, des travaux et de votre niveau d’équipement. Pour financer : combinaison possible apport + prêt + leasing et, selon la zone, certaines aides. Le point clé : conserver une trésorerie pour les premiers mois.

Quelles erreurs éviter lors d’une reprise de cabinet ?

  • Acheter sans audit (matériel, patientèle, charges, réputation, équipe).
  • Sous-estimer les travaux ou la mise aux normes.
  • Négliger les clauses (périmètre, transition, accompagnement).
  • Ne pas anticiper la passation (communication patients + stabilité de l’équipe).

Sammy Smith

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